Les CD de l’été 2017

Contes de fées pour piano et orgue
Voici un CD singulier que proposent les sœurs Véra et Katherine Nikitine, pianistes, organistes et transcriptrices ! Elles constituent une formation insolite, pour laquelle il n’existe pas, à notre connaissance, de répertoire ; d’où la nécessité de transcrire les œuvres que ces talentueuses musiciennes souhaitent interpréter. Elles jouent ici un programme d’œuvres bien connues mais transcrites pour leurs instruments respectifs. Il s’agit du « Concerto pathétique » de Liszt, des « Tableaux d’une exposition » de Moussorgski et de la Suite du Ballet « La Belle au bois dormant » de Tchaïkovski. Le résultat est surprenant et parfois déroutant L’orgue, le superbe Cavaillé-Coll de l’Auditorium de Lyon, fait office d’orchestre dialoguant ou affrontant le piano, puissant instrument conçu par Stephen Paulello, l’Opus 102. Les Tableaux : fruits de l’imaginaire de Moussorgski en hommage à son ami Victor Hartmann, qu’on découvre lors d’une promenade prennent ici des couleurs nouvelles et l’on pense notamment à « La Grande Porte de Kiev » qui retentit puissamment, mêlant orgue et piano avec éclat. La Suite du ballet de Tchaïkovski pour orgue à quatre mains sonne merveilleusement dans cette adaptation nouvelle.
Fairy Tales, Liszt, Moussorgski, Tchaïkovski, Nikitine Sisters Duet, 1 CD Hortus 554.

Schumann pianiste, entre Eusebius et Florestan
Jean-Philippe Collard, grand connaisseur et interprète de Mozart, Chopin ou Liszt, a déjà enregistré avec un grand talent des œuvres de Schumann. Il y revient avec un superbe CD consacré à la « Fantaisie en ut majeur » op.17 et aux « Kreisleriana » op.16, appréhendant ainsi ce génie tourmenté que fut Schumann. On a là un portrait musical en pieds du pianiste romantique. Schumann avait alors 26-28 ans ; il était amoureux fou de la jeune Clara Wieck, la fille de son professeur, le redoutable Friedrich Wieck. La « Fantaisie » est un double hommage au père du romantisme allemand, Beethoven, dont Schumann est sans conteste une des héritiers et à la bien-aimée lointaine (on entend là une citation d’une mélodie du cycle « À la Bien-aimée lointaine » de Beethoven) qu’est à cette époque Clara Wieck. Jean-Philippe Collard rend parfaitement tout le romantisme dont est pétrie cette « Fantaisie », comme le sont les « Kreisleriana » inspirées par une nouvelle d’Hoffmann qui évoquait ce musicien imaginaire qu’était Kreisler auquel Schumann s’identifia ; fougue et mélancolie s’affrontent ici d’où une incertitude qui s’empare de l’auditeur, pouvant virer à l’angoisse. C’est admirable.
Schumann, Fantaisie & Kreisleriana, Jean-Philippe Collard, piano, 1 CD La Dolce Volta LDV30.

La musique de chambre de Dutilleux
Henri Dutilleux (1916-2013), l’un des plus grands musiciens français contemporains s’est illustré surtout durant la seconde moitié du XXe siècle. Ses œuvres majeures sont essentiellement consacrées à l’orchestre mais celles qu’il a dédiées à la musique de chambre méritent attention. Et d’abord ces quatre pages, commandées par le directeur du Conservatoire de Paris, destinées aux candidats aux concours de cette institution, pour basson, flûte, hautbois ou trombone, accompagnés au piano, ici fort bien interprétées par des musiciens solistes de prestigieux ensembles tant français qu’étrangers. Cela vaut aussi pour les « Trois Strophes sur le nom de Sacher » pour violoncelle solo qui célèbrent le 70e anniversaire du grand chef bâlois. Enfin « Les Citations » diptyque maintes fois retravaillé, faisant allusion au ténor Peter Pears, l’ami de Britten, au musicien français Jehan Alain fauché en 1940 devant Saumur, et hommage enfin à la pianiste Geneviève Joy, l’épouse du compositeur qui aimait beaucoup son ballet « Le Loup » cité ici ; cette œuvre unit hautbois, clavecin, contrebasse et percussion, formation inusitée mais magnifiquement exaltée.
Henri Dutilleux, Musique de chambre, N. Cismondi, hautbois, E. Curt, percussion, A. Descharmes, violoncelle, M. Dupouy, clavecin, M. Mosnier, flûte, J. Reith, trombone, A. Salles, contrebasse, S. Vichard, piano. 1 CD Label-Hérisson LH15.

Bach et ses amis, clavecin et orgue
C’est sur une copie d’un clavecin du début du XVIIIe siècle réalisé par Philippe Humeau aux timbres d’une grande clarté et de l’orgue de Ciboure confectionné par le facteur Dominique Thomas d’après les instruments du style hollandais conçus au tournant des XVIIe et XVIIIe siècles que le jeune et talentueux claveciniste et organiste Louis-Noël Bestion de Camboulas interprète des pages caractéristiques de musiciens du nord, du centre et du sud des pays germaniques. Leurs œuvres écrites pour le clavecin ou l’orgue sont d’une vie extraordinaire, qu’il s’agisse de la douce « Pavane Lachrimae » de Scheidermann, ou d’un allègre « Praeludium » de Buxtehude à mettre en regard d’un « Praeludium & Chacone » de Fischer que suit une ample « Aria Sebaldina » de Pachelbel. Sur l’orgue lumineux de Ciboure on appréciera une superbe « Toccata » du Savoyard Muffat, suivie de trois subtiles Variations de Böhm sur le choral « Vater unser im Himmelreich ». De Bach enfin, on goûtera à une belle « Toccata » au clavecin et une joyeuse « Fantasia & Fugue », toutes deux en sol mineur, couronnement de ce beau récital.
Bach and Friends, Louis-Noël Bestion de Camboulas, orgue et clavecin, 1 CD Ambronay AMY048.

Paz, Salam & Shalom
Les onze chanteuses et chanteurs également instrumentistes qui constituent, sous la houlette du violoncelliste et chanteur Emmanuel Bardon, l’ensemble Canticum Novum visent à transmettre via la musique, et ce depuis sa création il y a vingt ans, un message de tolérance et de reconnaissance de l’Autre pour différent qu’il soit. Ce CD, intitulé « Paz, Salam & Shalom » (Paix en trois langues) en porte témoignage des musiques composées, jouées et chantées en Espagne, à Tolède, au cœur du Moyen-Âge, à une époque où elle était symbole de tolérance, un lieu de rencontre où se côtoyaient juifs, musulmans et chrétiens, des savants, penseurs et musiciens issus des trois religions du Livre. Voisinent ici des mélodies séfarades ou musulmanes venues de Jérusalem, d’Alexandrie, de Turquie, des Balkans aux côtés de chants composés par l’illustre souverain érudit de Castille et de Léon Alphonse X le Sage auteur et compositeur de nombre de « Cantigas de Santa Maria » dont on entend ici cinq pièces remarquables. Les œuvres interprétées parfaitement ici (13 au total) expriment dans leur variété, leurs coloris musicaux toute la richesse d’une créativité mêlée et conjointe.
Paz, Salam & Shalom, Canticum Novum, E. Bardon, direction. 1 CD Ambronay AMY033.

 

Frescobaldi, du clavecin au virginal
Frescobaldi (1583-1643) est le plus brillant mais aussi le dernier compositeur italien pour le clavier, clavecin, virginal ou orgue. Il vécut au tournant des XVIe et XVIIe siècles et son influence sur nombre de contemporains et successeurs en Italie et en Europe, jusqu’à Bach, fut immense. Le bel enregistrement réalisé par l’excellent claveciniste Yoann Moulin qu’on a pu entendre dans les plus grands festivals de musique baroque notamment en tant que chambriste ou soliste, porte témoignage de l’originalité et de la puissance expressive du compositeur au niveau des sentiments. Les pages qu’il interprète ici sont extraites de trois recueils, le premier et le second Livres de « Toccate », ces formes libres faussement improvisées et ici soigneusement écrites, et des « Ricercari et canzone franceze » (recherches et chansons françaises), pages qui ont vu le jour à l’aube du XVIIe siècle (1615 et 1627). On découvre là toute la tablature (« intavolatura ») du clavecin ou du virginal (proche du clavecin et de l’épinette), lumineusement rendue, déployée et mise en valeur par Yoann Moulin.
Girolamo Frescobaldi, Intavolatura di cimbalo, Y. Moulin, clavecin et virginal, 1 CD Encelade ECL 1601

Marchand vs Rameau
Moins connu aujourd’hui que Jean-Philippe Rameau, Louis Marchand injustement oublié fut un très grand compositeur pour le clavecin et pour l’orgue, auquel Christophe Rousset, admirable claveciniste honorant grandement l’école française du clavier (il fut l’élève de l’illustre Huguette Dreyfus). Le seul compétiteur de Marchand fut François Couperin avec qui il rivalisa. Auteur de deux « Livres de clavecin » (1699 et 1702) qui, chacun, contiennent une Suite très classique où se succèdent des pièces de danse précédées d’un Prélude (Allemande Courante, Sarabande, Gigue, Gavotte et Menuet, une Chaconne s’insinuant dans la Suite du premier Livre). Rameau est un pur produit du XVIIIe siècle face à Marchand, authentique représentant du siècle de Louis XIV ; une grande clarté expressive, une grande richesse harmonique caractérisent la Suite extraite de son « Premier livre » (1706) qui se compose des mêmes danses que chez Marchand (avec une « Vénitienne » en plus et une « Chaconne » en moins !) qui sonnent tout aussi merveilleusement que celles de son prédécesseur. Le somptueux clavecin du Lyonnais Donzelague (1716) exalte sous les doigts inspirés de Christophe Rousset ces pages d’une belle noblesse.
Marchand – Rameau, Suites pour clavecin, Chr. Rousset, clavecin, 1 CD Ambronay AMY032.

Beethoven tel qu’en lui-même
Heureuse idée que d’avoir accolé ces deux Quatuors de Beethoven, le sixième de l’opus 8, œuvre de jeunesse composé à l’aube du XIXe siècle et où l’influence de Haydn, voire de Mozart, est quelque peu sensible, et le grand 15e Quatuor opus 132 écrit un quart de siècle plus tard, l’avant dernier des seize que composa Beethoven. On peut ainsi mesurer l’évolution entre le jeune compositeur romantique aux sentiments partagés et celui de la maturité, qui offre là l’aboutissement ultime de sa pensée ; à la « Melanconia » exprimée au début du final du quatuor de jeunesse dont Beethoven disait qu’il devait « être joué avec la plus grande délicatesse » répond le « sentiment le plus intime » (« con intimissimo sentimento ») qui ponctue le troisième adagio du mouvement central de l’opus 132. Le Quatuor Terpsycordes qui joue sur instruments d’époque, quatre Vuillaume (célèbre facteur français du début du XIXe siècle) dotés de cordes en boyaux, rend pleinement justice, par cette lecture historique qu’il offre de ces deux œuvres, à la création beethovenienne devenue incontournable.
Beethoven, « Con intimissimo sentimento », Quatuor Terpsycordes, 1 CD Ambronay AMY 037.

In Nomine, Enfer et Paradis
C’est à un parcours musical original, hors des sentiers battus, que les musiciens ici réunis convient les mélomanes curieux. Dans le droit fil du travail de l’ensemble « Les Witches » (Les Sorcières), les quatre instrumentistes constituant l’ensemble « Les Harpies », auxquels se sont joints le Chœur des Huguenots, proposent dans ce CD un voyage initiatique autour du thème des Enfers et du Paradis. Ceci au travers de musiques religieuses, profanes ou populaires émanant des Îles britanniques, de l’Europe occidentale ou centrale, musiques composées à l’aube de l’époque baroque autour de 1600. Les interprètes de ces musiques se sont regroupés autour d’un orgue Renaissance magnifiquement restauré, celui de l’église de Saint-Savin en Lavedan (Hautes-Pyrénées) qu’actionne un musicien souffleur ce qui lui confère une sonorité rare et d’une grande pureté. Si nombre de pages qu’on entend là sont anonymes d’autres sont signées de compositeurs talentueux tels que Palestrina, Guillaume Franc, John Bull, Christian Erbach, Pierre Atteignant et Claude Gervaise, le tout superbement interprété par ces Harpies qui nous font voyager magiquement dans cette Europe en devenir à l’aube des temps modernes…
In Nomine, Enfer & Paradis, Les Harpies, Le Chœur des Huguenots, 1 CD Encelade ECL 1502.

Musique sacrée chez les Gonzague à Mantoue
Cet enregistrement voit s’affronter deux musiciens qui s’illustrèrent à la Cour de Guillaume Gonzague, duc de Mantoue, vers la fin du XVIe siècle, en la Basilique Santa Barbara érigée entre 1560 et 1570 (l’orgue date de 1565 et se trouve en l’une des « cantorie » situées au milieu de la nef). C’est là que les musiciens de l’ensemble Odhecaton ont enregistré les œuvres qu’on entend ici, là où elles furent créées. On découvrira les motets d’une grande et sobre beauté expressive écrits par Giaches de Wert « maestro di cappella » de la toute nouvelle basilique en 1565, après avoir écouté la messe que Monteverdi composa en 1610 sur le motet « In illo tempore » qu’avait illustré antérieurement Nicolas Gombert dans le « stile antico » et par Monteverdi selon la « prima pratica » traditionnelle dont il devait s’éloigner ensuite. Interprétation somptueuse par l’ensemble Odhecaton (six magnifiques contreténors aux côtés de six ténors, un baryton et trois basses, outre les cinq instrumentistes) qui fait revivre avec chaleur ces pages d’une grande élévation spirituelle.
Monteverdi – De Wert, Missa in illo Tempore, Ensemble Odhecaton, P. Da Col, direction, 1 CD Ricercar RIC 322.

Les Vêpres à la Vierge de Monteverdi
En 1610, Monteverdi, « Maestro della Cappella di Santa Barbara » à Mantoue, revenant à la musique sacrée après la révolution engendrée en 1607 par son opéra « L’Orfeo », dédia deux œuvres au pape Paul V, alors qu’il allait devenir en 1612 « Maestro della Cappella San Marco » de Venise. Si la première de ces œuvres la « Missa in illo tempore » ressortit de la « prima pratica » traditionnelle, le « Vespro della Beata Vergine » (Vêpres de la Sainte Vierge) frappe l’auditeur par la diversité de forme et de ton des pièces qui le composent, mêlant style traditionnel et « seconda pratica » qu’élabore à cette époque Monteverdi qui devait la théoriser en 1638. Ce « Vespro » d’une extraordinaire variété apparaît ainsi comme une œuvre charnière entre la polyphonie de la Renaissance et la nouvelle musique bientôt appelée « baroque ». L’excellent chef Leonardo Garcia Alarcón à la tête de huit très beaux solistes entourés par le Chœur de chambre de Namur et la talentueuse Cappella Mediterranea rend pleinement justice à cette œuvre magistrale.
Monteverdi, Vespro della beata Vergine, Chœur de Namur, Cappella Mediterranea, L.G.Alarcon, direction, 2 CD Ambronay AMY 041.

Les Psaumes de Marcello
Contemporain de Vivaldi, l’aristocrate vénitien Benedetto Marcello est l’auteur d’une œuvre qui connut un immense succès en son temps. Il mit en musique sous le titre « Estro-poetico armonico » les cinquante premiers Psaumes de David, adaptés en italien par Giacomo Giustiniani. Ces pièces écrites pour une à quatre voix soutenues par une basse continue furent publiées à Venise en 1724-26 et de là elles firent le tour de l’Europe, traduites en français, allemand, suédois, russe, et en anglais par Charles Avison et John Garth en 1757. Ce sont quatre de ces Psaumes dans leur version britannique que propose ici l’Ensemble Voces8 qui maîtrise admirablement cette musique à laquelle il confère une vitalité réjouissante ; il est accompagné comme dans son précédent CD consacré à Purcell par l’Ensemble Les Inventions, quatre musiciens (harpe et flûte à bec, théorbe, violon et violoncelle) très au fait de ce répertoire baroque sous la houlette de l’organiste Patrick Ayrton. Le succès de ces Psaumes fut tel qu’ils furent repris dans les rites anglican (comme ici), luthérien et juif. Une œuvre œcuménique en somme…
B. Marcello, Psalms, VOCES8 – Les Inventions, P. Ayrton direction, 1 CD Signum Classics SUGCD 391.

Couperin, « Leçons des Ténèbres » et Messe des Couvents »
François Couperin, dit « le Grand (1668-1733) est le plus célèbre d’un vaste famille de musiciens français. Il dut sa gloire pour l’œuvre qu’il composa pour le clavecin. Mais ses deux Messes pour orgue et ses « Leçons de Ténèbres du premier jour » (le Mercredi Saint de la Semaine précédant Pâques) sont à marquer d’une pierre blanche et ont contribué à asseoir sa réputation. Ses « Leçons de Ténèbres » sont un pur chef d’œuvre que magnifient ici les sopranos Monique Zanetti, en charge de la Première Leçon, et Françoise Masset qui chante la Seconde ; on les retrouve toutes deux en duo dans la Troisième Leçon ; autour d’elles d’excellents chambristes rompus à ce répertoire, Jonathan Dunford (basse de viole) et James Holland (théorbe) et, jouant le splendide orgue de l’église de Rozay-en-Brie, Mathieu Dupouy qui le fait rayonner dans trois extraits de la « Messe des Couvents », l’une des deux que composa François Couperin. En complément un très beau motet de Campra inédit au disque et exalté par les deux cantatrices.
François Couperin, Leçons des Ténèbres, M. Zanetti, Fr. Masset, sopranos, J. Dunford, basse de viole, J. Holland, théorbe, M. Dupouy, orgue, 1 CD Label-Hérisson LH09.

Les Concertos pour flûte de Vivaldi
Antonio Vivaldi (1678-1741), contemporain de François Couperin, a composé plus de cent concertos pour instruments divers, et notamment à vent, outre ses innombrables concertos pour violon dont l’Europe musicale entière s’est inspirée. Le flûtiste Hugo Reyne fonda en 1987 un ensemble de musique baroque, « La Simphonie (sic) du Marais » (le nom d’un des plus vieux quartiers de Paris), qui réside à La Chabotterie, une demeure située en Vendée, siège depuis 2006 d’un festival de musique baroque réputé. Hugo Reyne a choisi d’enregistrer six concertos pour flûte à bec de Vivaldi, pratiquant pour ce faire cinq instruments (une flûte de voix et quatre altos) pour caractériser chacun de ces concertos dédiées chacun à l’un de ses anciens professeurs auxquels il rend ainsi hommage. L’ensemble est fascinant, tout en nuances (le la mineur RV 440), en vivacité ou virtuosité (du « Chardonneret » en ré majeur à « La Tempête de mer » en fa majeur), ou apaisé avec « La Notte » en sol mineur ou le « Largo » du Concerto en ré mineur. Une œuvre à redécouvrir.
Vivaldi, 6 Concertos pour flûte, Hugo Reyne, flûte à bec, La Simphonie du Marais, 1 CD Musiques à la Chabotterie 605012.

Les Concertos pour violons de Tessarini
Carlo Tessarini (1690-1767) qu’on découvre ici fut un violoniste et compositeur italien, né à Rimini, qui fit carrière à Venise comme maestro dei Concerti puis à la cathédrale d’Urbino avant de se produire avec succès à Londres, Francfort et Amsterdam où avaient été publiés ses douze premiers concertos pour violon, son Opus I, en 1724 par l’éditeur Michel-Charles Le Cène, celui-là même qui publia les Concertos pour flûte de Vivaldi en 1728. Au total ce ne sont pas moins de 42 concertos qu’il composa et interpréta et qui firent sa grande réputation. Disciple de Vivaldi qui avait imposé le style baroque du concerto pour violon, Tessarini a composé ses douze premiers concertos selon la forme devenue… classique (!), Trois mouvements – allegro, largo, allegro – popularisée par Vivaldi, diversifiant son inspiration en empruntant diverses tonalités qui varient le climat de ses œuvres. L’Ensemble Guidantus créé en 1995 qui rend justice à ces pages par une interprétation idiomatique adéquate, est composé de sept musiciens placés sous la direction de l’excellent violon principal Marco Pedrona qui leur donne vie. Une première en CD.
C. Tessarini, Intégrale des douze Concertos pour violons Opus 1, M. Pedrona, violon, Ensemble Guidantus, 2 CD Indesens CALI207.

Les Sonates pour violon de Tessarini
Cet enregistrement complète fort heureusement celui que le violoniste Marco Pedrona a consacré, avec son ensemble Guidantus, aux Concertos pour violon de Carlo Tessarini (voir ci-contre). On écoutera ici neuf « Sonate » pour violon et clavecin ; les six premières qui datent de 1748 constituent l’Opus 14 du compositeur ; elles sont donc de vingt-cinq ans postérieures aux Concertos tandis que les trois dernières « Sonate » sont contemporaines de ceux-ci. Il semble que Tessarini ait été un disciple de Vivaldi et de Corelli. L’influence de ces compositeurs est manifeste ce qui ne retire rien à l’intérêt des œuvres qu’il écrivit alors, l’Opus 14 vraisemblablement à Londres où il dirigeait l’orchestre Ruckhold ; elles s’articulent très naturellement, dans le droit fil des œuvres de Vivaldi, en trois mouvements. Les trois autres « Sonate », écrites en 1720, époque de son engagement à la chapelle San Marco de Venise, sont en quatre mouvements. On notera que toutes ces « Sonate », très brillamment interprétées par Marco Pedrona finement soutenu par Marco Montanelli au clavecin, sont en majeur ce qui leur confère un bel éclat.
C. Tessarini, Sonates pour violon et clavecin, M. Pedrona, violon, M. Montanelli, clavecin, Ensemble Guidantus, 1 CD Calliope CALI208.

Ararat
L’ensemble Canticum Novum, composé de treize musiciens et chanteurs fut fondé en 1996 par Emmanuel Bardon qui le dirige et y chante ; il réside à Saint-Étienne et anime dans la Loire « Le Festin Musical », festival de musique ancienne. Le but de cet ensemble est « de tisser des liens entre la musique d’Europe occidentale et le répertoire du bassin méditerranéen ». On a évoqué ici même son premier CD, « Paz, Salam & Shalom » consacré à l’Espagne chrétienne, juive et musulmane, puis le second, « Aashenayi » évoquant l’Empire ottoman. En voici un troisième, « Ararat », qui dit les liens fort anciens reliant la France et l’Arménie. Se succèdent ici de poèmes chantés (le ténor Emmanuel Bardon et la soprano au timbre cristallin Barbara Kusa), des odes liturgiques ou des cantiques, des chansons traditionnels ou des chants d’exil qui disent les massacres des communautés arméniennes précédant le génocide du XXe siècle. Notons, aux côtés de romances judéo-espagnoles, cette page originale, « Estampie royale » attribuée à Charles Ier d’Anjou qui voulut être roi de Jérusalem… Remarquable.
Ararat, France-Arménie, un dialogue musical, Canticum Novum, Direction : E. Bardon, 1 CD Ambronay Édition AMY049

La trompette dans tous ses états
Né en 1975 dans une famille de musiciens, Thierry Gervais aujourd’hui trompettiste au sein de l’Orchestre des Gardiens de la Paix, est un talentueux instrumentiste qui n’hésite pas à explorer des œuvres peu ou pas enregistrées mais qui méritent d’être écoutées. C’est le cas avec ce second CD qui permet de découvrir l’alerte « Concert-Poem » du compositeur russe Wassilenko où le soliste est soutenu par l’excellent Orchestre National de Varsovie ; suit « Semaine sainte à Cuzco » de Tomasi dans une transcription respectueuse de l’esprit de cette œuvre par Fabrice Colas pour l’Ensemble de cuivres et percussions des solistes de Paris entourant le soliste qu’on retrouve dans l’ « Andante et capriccio » de l’Américain Allen Vizzutti dans une version pour cordes le soliste jouant plaisamment de la trompette piccolo. Autres découvertes, d’abord « Mon papa ne veut pas » du tromboniste Jean-Jacques Charles pour Quatuor de tubas et trompette, ensuite le « Concerto pour trompette et cinq instruments » de l’Américaine Ellen Taafe Zwilich et enfin la « Suite retro » en trois mouvements de Bastien Stil où Allen Vizzutti rejoint Thierry Gervais tout de virtuosité. Passionnant.
Thierry Gervais, Allen Vizzutti trompettes et alii, Orchestres et Ensemble divers, 1 CD Indésens INDE047.

À l’écoute d’un orgue voyageur
À l’origine d’une aventure extraordinaire, l’orgue en pièces détachées de l’église cistercienne du couvent de Buenafuente del Sistal en Espagne qui, au terme de maintes péripéties, fut expatrié en France, restauré et monté en l’église Saint-Éloi de Fresnes dans la banlieue parisienne par Frédéric Desmottes facteur d’orgue à Landete (Espagne), soutenu en France par le compositeur Géraud Chirol (qui écrivit pour cet instrument quatre pièces qu’on entend ici), les organistes Jean-Luc Ho et Freddy Eichelberger. Cet orgue baroque, remarquable, revit sous les doigts d’Anne-Marie Blondel, Étienne Baillot et, bien sûr, Jean-Luc Ho qui proposent un florilège d’œuvres, inconnues en France du grand public, des musiques des XVIIe et XVIIIe siècles espagnols, notamment de Pablo Bruna ou Juan Bautista Cabanilles entre autres. Ces pages mettent en valeur les qualités de cet orgue, sa grande lisibilité, sa clarté expressive ou sa puissance (dans « Batalla I Imperial » de Canabilles interprété avec fougue par Jean-Luc Ho). « Son an Ero » qui produit cet enregistrement est un label breton ! La musique ne connaît pas de frontières…
Órgano viajero, E. Baillot, A.-M. Blondel, J.-L. Ho, orgue, 1 CD Son an Ero 10.

Bach sur les cimes
Avant de quitter Cöthen pour Leipzig (1723) Bach composa ses six « Suites Françaises » (BWV 812-817). Pourquoi « Françaises »? Peut-être parce qu’à la suite traditionnelle (allemande, courante, sarabande, gigue), Bach ajouta des danses prisées à la cour de Versailles (menuets, gavottes, bourrées, loure). Composées de six à huit mouvements, les trois premières Suites sont en mineur, tandis que les trois dernières sont en majeur. Elles furent écrites pour le clavecin mais sont magnifiées par le piano du grand pianiste d’origine russe Vladimir Ashkenazy qui aura célébré le 6 juillet ses 80 printemps. À cette occasion est publié l’enregistrement qu’il a fait de ces « Suites Françaises », lui qui est sans conteste un des plus brillants interprètes de Bach. Se souvenir du superbe enregistrement qu’il a réalisé naguère du « Clavier bien tempéré ». Lecture lumineuse, d’une clarté incomparable, d’une grande délicatesse et, pour tout dire, d’un grand classicisme, osons le mot, pour cette musique baroque, lui qui joue comme nul autre, second versant de son immense talent, la musique romantique, de Beethoven (ses Sonates), Chopin (intégrale pour piano seul) et Schumann (intégrale également) à Rachmaninov et Scriabine (ses Sonates). À savourer pleinement.
Bach, French Suites, V. Ashkenazy, piano, 1 CD Decca.

La vie de Saint Louis en musique
Voici un CD que savoureront les médiévistes. Il est consacré musicalement à la vie du roi de France Louis IX, qui mourut devant Tunis en 1270 et fut canonisé pour sa vie édifiante en 1297 sous le nom de « Saint Louis de France » par le pape Boniface VIII. On salue d’abord le roi, de sa naissance et son baptême, son éducation, son couronnement et son mariage, à la vie à la Cour. Après un interlude chanté, dédié à la Vierge Marie, on va de Paris à Jérusalem, disant le culte des reliques, puis la croisade d’Égypte et la mort du roi. Mémoire et culte de Saint Louis concluent ce superbe CD, où se mêlent « conduits » (chansons caractéristiques de ce temps), chansons profanes, motets et œuvres sacrées, en latin ou en français, le tout introduit par des textes empruntés aux chroniqueurs de ce brillant XIIIe siècle. L’ensemble vocal Notre-Dame de Paris fait merveille dans ce répertoire qu’il maîtrise à ravir sous la houlette de l’expert et bien nommé Sylvain Dieudonné.
Saint Louis, Chroniques et musiques du XIIIe siècle, Ensemble vocal de Notre Dame de paris, S. Dieudonné, direction, 1 CD Maîtrise Notre-Dame de Paris 006.

De Gesualdo à Cresta, l’Amour contrarié ?
Sous ce titre mystérieux, « Amore contraffatto », se cache un CD en miroir où, aux tourments exprimés avec force par le compositeur aristocrate italien Carlo Gesualdo (1566-1613), répond « Devequt II » de Gianvincenzo Cresta, quatre « Laudes » du poète ombrien Jacopone da Todi (1230-1308) repris par un alto (l’excellent altiste Christophe Desjardins) qui dialogue avec les six chanteurs de l’ensemble Solistes XXI sous la direction de Rachid Safir. Jusqu’au milieu du XXe siècle, Gesualdo était surtout connu pour avoir assassiné son épouse et l’amant de celle-ci en train de commettre un adultère. Mais à partir de 1950 on a redécouvert sa musique d’un puissante expressivité, proche du maniérisme, comme en témoignent les six « Répons des Ténèbres du Samedi Saint » (1611) ici parfaitement mis en valeur par les Solistes XXI. C’est là sans doute son œuvre la plus ambitieuse, 27 motets passionnément mis en musique pour rythmer la fin de la Semaine Sainte. En regard l’œuvre du compositeur italien Gianvincenzo Cresta (né en 1968) est pétrie de sérénité. On est au cœur d’un baroque qui s’affirme, non loin du Caravage…
G. Cresta – C. Gesualdo, Amore contrafatto, C. Desjardins, alto, Ensemble Solistes XXI, R. Safir, direction, 1 CD Digressionemusic DCTT23.

Cantates pour des élections de J.-S. Bach
Bach n’était pas un pur esprit, mais au contraire un musicien qui vivait intensément dans le monde de son temps. Cantor de Leipzig, il lui incombait de composer une cantate lors du renouvellement par tiers chaque année du conseil municipal de la ville. Cinq nous sont connues sur la douzaine qu’il composa probablement. Sous le titre quelque peu accrocheur de « Votez JSB », Unisoni, huit chanteurs et dix-sept instrumentistes qui ont accoutumée de jouer ensemble sous la direction, pour ce CD, de Nicolas Bucher à l’orgue continuo (superbe orgue de Dominique Thomas en l’église Saint Pierre d’Albigny, Savoie) – écoutez-le dans le Prélude et Fugue BWV 532 – interprète deux de ces cantates, la BWV 120, « Dieu te loue dans le silence » (1728) et la BWV 29, « Nous te remercions, Dieu » (1731), nobles actions de grâces post électorales ! Ces cantates étaient composées dans l’urgence ; d’où des pages empruntées à des œuvres antérieures comme la « Messe en si mineur », ce que les connaisseurs de Bach sauront déceler. C’est ici de la musique vivante. Magnifique.
Votez JSB, Ensemble Unisoni, N. Bucher, orgue et direction, 1 CD Hortus 136.

La S.A.D.M.P. de Sacha Guitry
Véritable conversation en musique, à l’instar du Capriccio de Richard Strauss, La Société Anonyme Des Messieurs Prudents est un petit chef d’œuvre composé par Louis Beydts (1895-1953), disciple de Messager, tout d’élégance et de raffinement musical au service d’un livret drôle et remarquablement troussé de Sacha Guitry, l’un des meilleurs qu’il écrivit. Créée en novembre 1931 au Théâtre de la Madeleine avec Yvonne Printemps et Sacha Guitry, cette quasi « Société des Admirateurs de Madame Printemps » remporta alors un vif succès. Quatre messieurs de trente, quarante, soixante et quatre-vingt ans se pressent sur le palier d’une cocotte, se mesurent, s’affrontent puis refusent de se battre et s’associent pour s’offrir la demoiselle au « prorata » de leurs moyens. Samuel Jean, premier chef invité de l’Orchestre de région Avignon-Provence, a rendu la vie à cet opéra-bouffe interprété avec fougue et talent par Isabelle Druet qui chante « Elle », entourée de Jérôme Billy, Mathias Vidal, Dominique Coté et Thomas Dolié, tous parfaits. Ce devait être un livre-CD ; c’est un simple album tout en finesse. Un bijou.
L. Beydts-S. Guitry, La Société Anonyme des Messieurs Prudents, Solistes et Orchestre Régional Avignon-Provence, S. Jean, direction, 1 CD Klarthe K040.

Mozart, Beethoven et les vents
Mozart, le premier, composa une œuvre de musique de chambre pour piano et vents (hautbois, clarinette, cor et basson), ces instruments dédiés jusque là au plein air, aux sérénades ou à la musique militaire. Créé en 1784, l’unique « Quintette pour piano et vents en mi bémol majeur » connut immédiatement le succès ; c’est une merveille d’équilibre où chaque instrument est mis judicieusement en valeur. Les instrumentistes ici réunis font un sort à chacune de leurs interventions, l’ensemble jouissant d’une belle homogénéité. Qualité que l’on retrouve dans le Quintette de Beethoven, opus 16, pour la même formation et dans la même tonalité, composé douze ans plus tard (1796) alors que le compositeur s’attachait à conquérir les mélomanes viennois ; il est le premier d’une série d’œuvres de musique de chambre qu’il consacra aux bois. Ici aussi les divers instruments peuvent s’exprimer amplement soutenus par le piano sur lequel ils prennent appui. Superbe interprétation dont on espère qu’elle inaugure une série consacrée à cette musique de chambre si divertissante.
Mozart & Beethoven, Quintettes pour piano et vents, H. Schuch, piano, R. Ortega Quero, hautbois, S. Manz, clarinette, D.Alonso cor, M. Trénel basson, 1 CD Indésens INDE039.

Un Brahms intime
Ce fut au cours de la décennie 1878-1888, celle de sa maturité, que Brahms composa ses trois « Sonates pour violon et piano ». La première, « opus 78 en sol majeur », date de 1879 alors même qu’il venait de dédier son concerto pour violon à son ami Joachim ; elle est sous-titrée « Regen-Sonate » parce qu’elle cite un Lied écrit six ans plutôt (« Regenlied », « Chant de la pluie »), c’est un poème instrumental tout de mélancolie. La deuxième Sonate « opus 100, en la majeur » date de 1886 » ; toute de sérénité, elle est surnommée « Thuner-Sonate » parce que composée sur les bords du Lac de Thun en Suisse. La troisième enfin, « opus 108, en ré mineur » vit le jour en 1888 ; elle est pétrie d’une profonde gravité. Ces trois chefs d’œuvre trouvent en Geneviève Laurenceau au violon, elle que Brahms habite depuis son plus jeune âge, et Johan Farjot au piano des interprètes idéaux sachant mettre en valeur avec une maîtrise technique impeccable ces splendides sonates qu’on ne se lasse pas de réécouter.
Brahms, Sonates pour violon & piano, G. Laurenceau, violon, J. Farjot, piano, 1 CD Zigzag-territoires ZZT 100802.

Les clarinettes du Quatuor Vendôme
Pour célébrer dignement son 10e anniversaire de leur formation, un quatuor de clarinettes, les membres du Quatuor Vendôme commandèrent à quatre compositeurs contemporains les œuvres ici réunies, témoignant de la diversité d’inspiration de ces musiciens. L’œuvre de l’aîné, Thierry Escaich, donne son nom à cet album, Ground IV, ou « Passacaille IV, en deux parties où le musicien s’exprime très librement. « Prelude and Funk » de Guillaume Connesson s’articule en deux mouvements contrastés, le premier sombre, le second pétulant. Karol Beffa offre quatre « Feux d’artifice » (« Fireworks »), s’opposant les uns les autres avec force. Enfin Bruno Mantovani s’attache dans « Face à Face » à marier harmonieusement quatre clarinettes, deux en si bémol et deux basses. Le quatuor Vendôme fait ici une formidable démonstration de la richesse sonore des clarinettes qui le composent, en si bémol, en la et basse. Faut-il rappeler que, depuis que Mozart en fit la découverte, la clarinette s’est insérée avec bonheur dans l’orchestre tout en s’exprimant merveilleusement en soliste ?
Ground IV, Musique française pour quatuor de clarinettes, Quatuor Vendôme, 1 CD Indésens INDE044.

Le piano de Boris Tishchenko
Le pianiste Nicolas Stavy a le grand mérite de sortir des sentiers battus et de s’aventurer dans des mondes peu fréquentés (en France du moins). Après avoir, au disque, célébré Chopin et Haydn (version pour piano des « Sept dernières paroles du Christ »), voici qu’il propose deux sonates du compositeur et pianiste Boris Tichtchenko (1939-2010) qui naquit et mourut à Léningrad (aujourd’hui Saint-Pétersbourg) où il fit ses études et enseigna après avoir reçu l’enseignement de Chostakovitch dont il fut très proche. Il écrivit onze sonates ; Stavy nous en offre dans une interprétation impeccable deux qui sont emblématiques du compositeur. D’abord la singulière « Septième Sonate opus 85 » qui date de 1982, écrite pour piano et cloches ! C’est le percussionniste du Philharmonique de Radio-France Jean-Claude Gingembre qui accompagne le pianiste dans cette œuvre curieuse et imposante (40 mn) en trois mouvements où l’on entend de grandes cloches, des cloches tubulaires et un glockenspiel. La « Huitième Sonate opus 99 » (1986) complète avec bonheur le portrait de du grand compositeur que fut Tichtchenko. À découvrir.
B. Tishchenko, 7e & 8e Sonates pour piano, N. Stavy, piano, J.-Cl. Gengembre, persussions, 1 CD BIS 2189.

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