L’Opéra tchèque 4 : Leoš Janáček, un électron libre

Leoš Janáček  appartient à la génération de Fibich : né en 1854, il mourut, lui, au XXe siècle, en 1928. Il débuta alors que triomphait en Europe centrale la musique post-romantique de Brahms et de Dvořák. Destin singulier que celui de Janáček. De lui, on dirait aujourd’hui qu’à bien des égards, il fut un « marginal ».  Il naquit à Hukvaldy, un petit village de Moravie, au cœur des Beskides, ces montagnes qui s’étendent de la Bohème et la Slovaquie à l’Ukraine et débordent sur la Pologne méridionale. Sa famille, fort modeste, demeurait dans l’école du village où son père exerçait la profession de Kantor, c’est-à-dire de maître d’école en charge également de l’enseignement musical et de la musique à l’église. Ce fut son premier professeur, patriote et slavophile, qui lui apprit l’amour de son pays et de sa culture notamment musicale. Leoš était le neuvième des treize enfants qu’eurent ses parents.  La vie était rude à Hukvaldy et dès l’âge de onze ans l’enfant fut confié aux Augustins de Brno, capitale de la Moravie, comme interne ; il étudia dans une fondation locale, intégra l’institut de formation des instituteurs, devint donc instituteur et chef de chœur ; il y apprit le français et y donna là ses premières leçons de musique. En 1874 (il avait donc vingt ans), il obtint un diplôme lui permettant d’enseigner le tchèque, l’histoire et la géographie dans des établissements primaires et secondaires. Mais aussitôt il se rendit à Prague pour étudier l’orgue et rencontra Dvořák auquel le lia immédiatement une profonde et durable amitié ; il s’attacha désormais à populariser à Brno la musique de son aîné.

Il approfondit ses connaissances musicales sur le plan théorique, élargit le chœur d’hommes (Beseda brněnská) dont il avait la charge à Brno, le dota d’un orchestre symphonique et d’une école de musique ; ouvert à toutes les musiques et pas seulement à la musique tchèque ou morave, il monta et dirigea avec cet ensemble le Requiem de Mozart, la Missa solemnis de Beethoven et, comme on vient de dire, la musique de son ami Dvořák. Il épousa, en 1881, une de ses élèves, fille de l’ancien directeur de l’école normale où il avait fait ses études, Zdenka Schulzova (de père tchèque mais de mère allemande qui se refusait à parler le tchèque ce qui sera à l’origine de graves différends opposant les deux jeunes époux qui se séparèrent temporairement peu après la naissance de leur fille Olga) ; Zdenka avait seize ans et un caractère bien trempé. Avec l’appui de son beau-père, Janáček fonda l’école d’orgue de Brno où il enseigna la théorie musicale et la composition et dont il devint bientôt le directeur, tandis qu’était fondé à Brno l’année suivante (1882) le Théâtre allemand. Riposte des slavophiles : deux ans plus tard (1883) était fondé le Théâtre national tchèque provisoire destiné à promouvoir la culture de Bohème et Moravie et leur musique ; Janáček créa de son côté un  journal, les Hudebni listy (les Lettres musicales) où il promut parallèlement la musique nationale tchèque. C’est dans cette revue qu’il éreinta – article lourd de conséquences – l’opéra de Karel Kovařovic, Les Fiancés, présenté à Brno en 1887 ce dont se souviendra son compositeur, lorsque, chef d’orchestre du Théâtre national de Prague, il en devint directeur, quelques années plus tard et que Janáček voulut s’y faire jouer…

L’année même où était inauguré à Prague le Théâtre National (1883) reconstruit après l’incendie qui l’avait anéanti en 1881, voyait le jour, comme on a dit, à Brno un théâtre national tchèque provisoire qui devint définitif à la fin de l’année suivante, avec un orchestre permanent permettant de monter aussi bien les opéras de compositeurs tchèques que le répertoire international. Dans sa revue Janáček rendit compte des œuvres montées à Brno, initiant par là même ses compatriotes à ce genre qu’ils découvraient, l’opéra contemporain.

À l’aube de l’année 1887, l’écrivain et poète symboliste tchèque Julius Zeyer publiait Šárka, une légende de la mythologie tchèque qu’on a évoquée dans le chapitre dédié à Fibich qui en fit lui-même un opéra. Ce drame séduisit immédiatement Janáček. Rappelons  que Bedřich Smetana, le père de la musique tchèque contemporaine, avait écrit sur ce sujet non pas un opéra, mais un poème symphonique inséré dans son cycle Má vlast (Ma patrie). Zeyer a probablement écrit ce drame comme un livret destiné à  Dvořák qui ne le retint pas ; c’est pourquoi Zeyer rendit publique sa légende qui suscita l’enthousiasme de Janáček : ce sujet répondait à ses centres d’intérêt culturels, musicaux, voire politiques. Il réalisa la composition de cet opéra en quatre mois d’un travail intensif et le soumit à  Dvořák qui émit quelques critiques mais l’encouragea à persévérer. Toutefois Zeyer refusa qu’il fit de son texte son livret, ce qui n’interrompit pas son travail qui le retint jusqu’au printemps 1888 ; puis il mit sa partition dans un placard d’où il ne ressortit qu’en 1918 ; il le retoucha et  la première représentation eut lieu à Prague en 1925. Il oublia donc pendant trente ans ce premier opéra qui n’était pas sans mérites à ses yeux puisqu’il le conserva ;mais les recherches qu’il mena dans le domaine de l’ethno-musique le retinrent désormais à plein temps.

 

À partir de 1888, et durant de nombreuses années ensuite, Janáček parcourut la Moravie pour collecter, en collaboration avec le dialectologue František Bartoš, les chansons populaires moraves comme le feront plus tard en Hongrie pour leur pays Bartok et Kodaly. Il publia le fruit de leurs collectes et composa lui-même des musiques folkloristes. En 1894, il commença la composition de Jenůfa. Il élargit le champ de ses activités slavophiles en se rendant à deux reprises en Russie, cofonda le Cercle russe de Brno en 1898. Fin 1902, de retour de Russie où sa fille Olga l’avait accompagné et où, fragile déjà, elle avait contracté une fièvre typhoïde, il se tint à ses côtés durant son agonie ; elle mourut dans ses bras alors qu’il achevait son opéra Jenůfa (1903); il lui dédia une Élégie sur la mort de ma fille Olga (avril 1903) pour chœur mixte et piano sur des paroles russes de Marfa Veveritza, professeur du cercle russe de Brno et ami d’Olga. Son troisième opéra lui fut dédié. Les Janáček avaient déjà perdu en 1890 leur second enfant, Vladimir, né en 1888. Les relations entre les deux époux se distendirent sensiblement dès lors.

 

Son opéra achevé, Leoš Janáček  l’adressa tout naturellement au Théâtre national de Prague dont le directeur n’était autre, depuis 1900 (et il devait le rester jusqu’à sa mort en 1920) que son cadet, né en 1862, Karel Kovařovic dont il avait sévèrement critiqué le premier opéra, Zenichové (Les Fiancés) comme on a dit plus haut, et qui lui en avait tenu rigueur : il refusa de monter l’œuvre de Janáček. Ce fut donc à Brno que fut créé avec un immense succès local Jenůfa. Ce qui fait l’originalité de cet opéra, c’est d’abord sa musique pétrie d’une culture musicale populaire somptueuse celle de l’Europe centrale slave (ici morave), d’une grande richesse mélodique et harmonique, mais aussi son sujet qui plonge ses racines dans les campagnes moraves pétries de traditions ancestrales contraignantes ; et c’est pour avoir transgressé ces traditions que les héros de ce drame vont connaître un destin tragique.

De quoi s’agit-il ? Dans un village de Moravie, la jeune Jenůfa attend un enfant de Steva un grand gaillard héritier du moulin ce qui fait de lui un notable et qui lui vaut d’être exempté du service militaire ; mais Laca, son demi-frère délaissé, est amoureux, lui, de Jenůfa et par jalousie  défigure la jeune fille à coup de poignard tandis que la belle-mère de Jenůfa n’autorise le mariage des deux amants  qu’au bout d’un an si Steva qui s’enivre facilement a fait preuve de sobriété. Steva repousse alors sa promise, épouse la fille du maire tandis que l’enfant naît secrètement ; la belle-mère de la jeune fille le noie pour dissimuler la « faute » de sa belle-fille et lui permettre d’épouser Laca qui a regretté son geste fou ; alors que l’on va célébrer la noce, on découvre flottant sur les eaux de la rivière le cadavre du bébé noyé… !

Histoire terrible magnifiquement exaltée par la musique de Janáček qui en a écrit le livret inspiré par un roman d’une écrivaine morave de talent Gabriela Preissova à qui il avait emprunté le sujet de son deuxième opéra, Počátek románu (Le début d’un roman, 1894) qu’il rejeta comme insignifiant.

 

Après avoir pris sa retraite (il avait cinquante ans) de l’École normale où il enseignait, il se dédia corps et âme à la promotion de la musique tchèque et morave tout en composant assidument et notamment des opéras ; d’abord deux œuvres singulières et de nature tout à fait différente : d’abord Osud (Le Destin en 1903-1904) créé après sa mort, à la radio en 1934 sur scène en 1958, sans  succès ; cet opéra conte l’histoire de Mila et Zivny qui sont amoureux l’un de l’autre ; la mère de Mila met fin à cette relation car elle veut un meilleur parti pour sa fille. Mais Mila est enceinte et, fille mère, elle a peu de chance de se marier avec quelqu’un d’autre… Puis ce furent Výlety páne Brouckovy (Les Voyages de Monsieur Broucek, 1908-1913, créé à Prague en 1920 seulement) qui narrent les voyages que fit Monsieur Broucek dans la lune et… au XVe siècle !. Ce ne fut qu’en 1916, en pleine guerre mondiale (mais Prague était loin des combats meurtriers qui ensanglantaient l’ouest et l’est de l’Europe) que Kovařovic consentit à monter son opéra Jenůfa non sans y avoir apporté des retouches auxquelles le compositeur consentit. Lui-même l’avait déjà repris ponctuellement en 1908. Le succès fut immense et consacra Janáček comme le compositeur tchèque par excellence de son temps. L’œuvre ne quitta plus l’affiche du Théâtre national de Prague et fut montée (dans la traduction allemande de Max Brod, ami indéfectible du compositeur) un peu partout en Europe centrale dès 1918, année même de l’indépendance proclamée de la Tchécoslovaquie.

Avec la création pragoise Janáček fut comme libéré psychologiquement et sa verve musicale s’affirma avec force durant les douze dernières années de sa vie. Dans le domaine lyrique, il donna le jour à quatre chefs d’œuvre :

Kat’a Kabanova (1920-1921), est un opéra en trois actes que Leoš Janáček sur un livret, en tchèque, de Vincence Cervinka. Il s’inspire de la pièce L’Orage du dramaturge russe Alexandre Ostrovski et fut créé à Brno le 23 novembre 1921 et y connut un grand succès. Il fut repris à Prague en novembre 1922 et ce succès ne s’est plus démenti depuis. L’histoire qui se situe au XIXe siècle, dans une petite ville de Russie, raconte la triste vie de Kat’a Kabanova vie aux côtés de son époux Tikhon et de sa belle-mère Kabanicha, une femme autoritaire et intolérante qui écrase son fils et méprise sa belle-fille. Katja est aimée en secret par Boris, le jeune neveu du riche marchand Dikoï. Katja profite de l’absence momentanée de son mari pour fuir quelque temps le climat délétère de son foyer ; elle rencontre Boris et se laisse courtiser par lui. Mais dès le retour de son mari, Kat’a se comporte de plus en plus bizarrement et une rencontre inopinée entre les quatre protagonistes va engendrer une série de catastrophes. Le thème fondamental de cette œuvre est celui du péché et ce qu’il implique, le châtiment et la mort. Il vivait à l’époque de la composition de cet opéra une grande histoire d’amour avec Kamila  Stösslova, comme on le verra plus loin, et il éprouvait pour cette œuvre une grande tendresse, elle qui était pénétrée de l’amour qu’il éprouvait lui-même.

Prihody Lisky Bystroucky (Les Aventures de la petite renarde rusée, 1922-1923),est un opéra en trois actes que Leoš Janáček composa entre 1921 et 1923 et qui fut créé le 6 novembre 1924 à Brno. Il s’inspire du roman Liška Bystrouška de Rudolf Těsnohlídek tel qui avait été adapté pour la bande dessinée par Stanislav Lolek, et qui parut en feuilleton dans le journal Lidové noviny. Il conte comment un garde-chasse s’empara d’une renarde et voulut en faire un animal domestique comme un autre. Bien entendu, il n’y parvint pas et la petite renarde ne tarda pas à lui échapper. Elle courut dans les bois, batifola et tomba amoureuse d’un renard. Ils se marièrent et eurent beaucoup de petits renardeaux jusqu’au jour où la petite renarde tomba sous les balles d’un chasseur. La petite renarde rusée est l’occasion pour le compositeur de déployer de splendides harmonies ainsi qu’un lyrisme et un romantisme unique bien différent de celui de certaines œuvres plus tardives telles que De la maison des morts. Cette œuvre parle principalement du cycle de la nature, du fait que rien ne meurt vraiment. Ainsi, la pièce commence au printemps, et se termine au printemps. La pièce commence aussi avec la capture de la jeune renarde et, à la fin, le garde-chasse rencontre la fille de la Renarde, son exacte réplique. Mais le garde-chasse est vieux maintenant, un cycle est passé. Janáček place dans cette fable pleine de charme et d’humour les animaux et les hommes au même niveau de communication et de sentimentalité.

Va Makropoulos (L’Affaire Makropoulos, 1923-1925) est l’avant-dernier opéra de Leoš Janáček qu’il composa entre novembre 1923 et décembre 1925. Il fut  créé le 18 décembre 1926 à Brno et demeure depuis l’un des opéras de Leoš Janáček  le plus joué. Le livret fut adapté par le compositeur lui-même à partir d’une pièce de Karel Čapek. L’œuvre, d’une grande modernité, ne comporte ni airs, ni duos, ni ensembles, ni chœurs. Elle apparaît comme un long récitatif entrecoupé de dialogues vifs et percutants, une sorte de « parlar cantando » contemporain soutenu par un orchestre particulièrement riche et une rythmique très élaborée pour ce mythe de vie éternelle où l’héroïne est comme une incarnation d’un Faust féminin ; la morale de cette histoire compliquée (recherche des origines d’une famille et procès interminable qui s’ensuit) ayant été tirée par le compositeur lui-même : « Il faut tirer parti de chaque instant, le vivre intensément et de manière appropriée. Tout est précipitation dans notre vie – et désir » (cité par Marianne Frippiat).

Z mrtveho domu (De la maison des morts) est un drame lyrique en trois actes et deux tableaux. C’est la dernière œuvre lyrique de Leoš Janáček. Chantée en tchèque, elle fut est composé entre 1927 et 1928 et créée deux ans plus tard, le 11 avril 1930, à Brno, après la mort du compositeur qui avait écrit le livret après avoir traduit et adapté lui-même le livre de Fiodor Dostoïevski Souvenirs de la maison des morts (1861-1862), dans lequel il décrivait sa propre expérience du bagne. Le livret de Janáček est très fidèle au texte de l’écrivain. « Tant dans sa forme musicale que théâtrale, De la maison des morts reste une œuvre primitive, dans le meilleur sens du terme » (Pierre Boulez). Janáček ne développe jamais. Au contraire, il répète, répète encore puis modifie le motif de répétition, l’ostinato. C’est, en soi, une forme de  Ce primitivisme consiste à répéter inlassablement un motif qui est progressivement modifié  exprimant brutalement la colère, tandis qu’à certains moments il dira la nostalgie ou même le désespoir des bagnards ce qui la musique chante sans fioriture. Ce primitivisme revêt une grande puissance expressive qui dit la solitude des hommes de ce bagne où n’apparaît nulle présence féminine. Les bagnards constituent un ensemble vocal impressionnant au sein duquel les différents personnages évoquent successivement le drame que fut leur vie.

 

La rencontre que Leoš Janáček  fit en 1917 dans la station thermale de Luhačovice de Kamila Stösslová, la jeune épouse d’un antiquaire pragois (elle avait vingt cinq ans et venait d’être mère), qui devint tout à la fois sa muse, sa confidente et sa dernière passion (l’amour étant pour lui sa seconde préoccupation avec la musique), fut un stimulant indéniable pour sa verve créatrice. Outre les quatre opéras que l’on a d’évoqués, il composa notamment en 1926 sa Messe glagolitique et l’année suivante il fut nommé, en même temps que Schönberg et Hindemith, membre de l’Académie prussienne des Arts à Berlin. En 1928, l’année même de sa mort, il composait son 2e Quatuor et se proclamait partisan du Wozzeck de Berg dont il se fit le défenseur alors même qu’il achevait son opéra De la maison des morts. Mais alors que Kamila Stösslová et son fils Otto s’étaient rendus pour la première fois à Hukvaldy où le compositeur avait sa maison, il contracta une pneumonie qui s’avéra fatale : il mourut à Ostrava le 12 août 1928. Pour mémoire Kamila mourut d’un cancer en 1935 et Zdenka, son épouse légitime, mourut, elle, en 1938, dix ans après son époux…

(Cette étude revue et corrigée est parue dans la revue OPMUDA de mai 2013, N°142)

Bibliographie.

– Guy Erismann, Janáček ou la passion de la vérité, Paris, Le Seuil, 2007, 383p.

– Marianne Frippiat, Janáček opéras mode d’emploi, L’Avant Scène Opéra, Éditions Premières Loges, Paris 2011.

 

Discographie sélective.

– Šárka, Philharmonie tchèque, dir. Charles Mackerras, avec E. Urbanová, P. Straka, I. Kusnjer (Supraphon 2001).

– Le début d’un roman, Philharmonie tchèque, dir. F. Jilek avec J. Janska, V. Krejcik, V. Pribyl (Multisonic, 1995).

– Jenufa, Philharmonie de Vienne, dir. Charles Mackerras, avec E. Söderström, E. Randova, W. Ochman, P. Dvorsky (Decca 1982).

– Le Destin, Philharmonie tchèque, dir. Gerd Albrecht, avec P. Straka, L. Aghova, M. Benackova, S. Margita (Orfeo, 1995).

– Les Excursions de Monsieur Broucek, BBC Symphony Orchestra, dir. Jiri Belohlavek avec J. Vacik, M. Haan, P. Straka, I. Kusnjer (Deutsche Grammophon 2008)

– Kat’a Kabanova, Philharmonie tchèque, dir Sylvain Cambreling avec A. Denoke, D. Kuebler, J. Henschel (Orfeo 1998)

Les Aventures de la Petite Renarde rusée, Philharmonie de Vienne, dir. Charles Mackerras, D. Jedlicka, L. Popp, E. Randova (Decca 1982)

– L’Affaire Makropoulos, Philharmonie de Vienne, dir. Charles Mackerras, E. Söderström, P. Dvorsky, V. Zitek, D. Jedlicka (Decca 1980).

– De la maison des morts, Philharmonie de Vienne, dir. Charles Mackerras, avec J. Zahradnicek, V. Zitek, I. Zidek, D. Jedlicka (Decca 1980)

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