Les CD du printemps 2021

« Der Freischütz », opéra romantique

Trente ans après la création de « La Flûte enchantée » de Mozart à Vienne, était créé à Berlin, en 1821, « Der Freischütz » (Le Franc-tireur) de Carl-Maria von Weber, trois actes sur un livret de Johann Friedrich Kind. Ce premier opéra (singspiel) romantique allemand connut immédiatement un immense succès et fut bientôt monté dans toute l’Europe. Laurence Equilbey à la tête de son orchestre Insula (sur instruments d’époque) et son chœur Accentus offre ici un florilège d’airs puisés dans cette œuvre peu connue en France, avec des solistes en tous points remarquables : Stanislas de Barbeyrac, Johanni Van Oostrum et Chiara Skerath en tête. Un superbe CD accompagné en bonus d’un DVD formé de scènes enregistrée à Paris et à Caen dans une mise en scène minimaliste. Seul reproche (et de taille) : pas de résumé du livret et pas de sous-titres au DVD. Dommage. Pour en savoir plus se reporter, via internet, sur le site « Insulaorchestra.fr ».

The Freischütz Project, Solistes, Chœur Accentus, Insula orchestra, L. Equilbey, dir., 1 CD + 1 DVD Erato 0190295109547

Transcriptions pour flûte

Voici un délicat CD consacré à des transcriptions pour flûte d’œuvres puisées au sein du romantisme allemand (Schumann) en miroir avec des œuvres  émanant du symbolisme français (Ravel et Debussy). On a là trois Sonates pour violon et piano dont la partie violon est transcrite remarquablement par la flûtiste brésilienne RaqueleMagalhães pour son instrument auquel la chambriste Marie-Josephe Jude, qu’on ne présente plus, offre un superbe écrin pianistique. Successivement la « Sonate posthume » de Ravel contrastant avec la « Sonate opus 105 » de Schumann qui suit pour s’achever en apothéose par la « Sonate n°3 » de Debussy. Entre temps on aura savouré les « Trois Romances pour hautbois et piano » de Schumann transcrites finement pour sa flûte par Jean-Pierre Rampal et le « Prélude à l’après-midi d’un faune » dans la belle transcription pour piano et flûte de Gustave Samazeuilh. Des pages que leurs transcriptions tendent à populariser tout en leur conférant une autre vie ; de la musique pleine et entière.

Flute transcriptions, Ravel, Schumann, Debussy,R. Magalhães, flûte, M.-J. Jude piano, 1CD NoMadMusic NMM075

Couperin le Grand, Suites Royales

François Couperin, dit « Le Grand », est le plus célèbre des musiciens – organistes et clavecinistes – d’une vaste famille de musiciens français de l’époque moderne. Ce CD propose d’abord deux chefs d’œuvre méconnus de ce compositeur, les deux Suites qui constituent les « Pièces de Violes avec basse chiffrée » qui datent de 1728. La violiste (et violoncelliste) Claire Gautrot, s’appuyant sur le délicat claveciniste Marouan Mankar-Bennis, fait merveille dans l’interprétation qu’elle offre de ces pages d’une extraordinaire variété de ton et de goût tout en contrastes du plus bel effet. Le Troisième Concert Royal de 1722 revêt lui aussi la forme d’une Suite (un prélude suivie de danses classiques) à quoi il ajoute des pages de formes nouvelles (une muzette), mêlant en synthèse le style italien et le style français, une œuvre tournée vers l’avenir, à l’aube du XVIIIesiècle. Le claveciniste, propose en intermède trois pièces extraites des « Livres de Pièces de Clavecin » (1717-1722) d’un grand raffinement sur un instrument évoquant un luth. Enchanteur.

François Couperin, Suites Royales, Cl. Gautrot, viole de gambe, M. Mankar-Bennis, clavecin, 1 CD Encelade ECL 1902.

Haïti mon amour

Retour aux sources pour la belle pianiste Célimène Daudet, originaire par sa mère de Haïti. Elle invite les mélomanes à découvrir trois musiciens « classiques » de cette île au destin tragique qui ont composé pour le piano. Le doyen (né en 1861) est Edmond Saintonge auteur d’une « Méringue » intimiste intitulée « Élégie » sur un rythme typique qui n’est pas sans évoquer quelque peu le tango argentin. Les deux autres sont né l’un, Justin Elie, en 1882, l’autre Ludovic Lamothe, en 1883 ; du premier, on entend deux « Chants de la montagne » riche évocation de Haïti et trois « Méringues populaires » finement ciselées ; du second, surnommé « le Chopin noir », deux « Feuillets d’album » et trois « Danzas » qui font irrésistiblement penser au compositeur polonais dont on écoutera in fine un « Chant Polonais ». Tout ceci admirablement interprété par l’excellente Célimène Daudet qui fait merveille dans ce répertoire tout en finesse et énergie contenue. Ce qui justifie pleinement le titre de cet album : Haïti mon amour ».

Haïti mon amour, C. Daudet, piano,  CD NoMadMusic NMM087

Le professeur du Roy Soleil

Homme de culture, Louis XIV était, c’est connu, un excellent danseur ; ce qu’on sait moins c’est qu’il joua du clavecin et du luth et qu’il eut, pour ce faire, deux professeurs, Germain Pinel pour le luth et Étienne Richard pour le clavecin ; on ignore à peu près tout de ces musiciens dont les œuvres peu nombreuses figurent pourtant dans un manuscrit déposé à la BNF et que le claveciniste Fabien Armengaud, bon connaisseur de la musique du XVIIesiècle, invite les mélomanes à découvrir. Musique lumineuse et instrument d’une grande limpidité. Il a ainsi composé six Suites à partir des œuvres  d’Étienne Richard qui en constituent la base, complétées par des pièces de Chabanceau de La Barre, de Marin Marais, de Louis Couperin, d’Henry d’Anglebert, d’Henry Du Mont entre autres sans oublier la très belle Suite de Jacques Hardel digne héritier de Richard. C’est là un florilège de la musique française pour clavier en un temps où le chef de l’État était sensible aux arts. Autres temps, autres mœurs … !

Étienne Richard, Professeur du Roy Soleil, F. Armengaud, clavecin, 1 CD Encelade ECL 1903

Les Saxophonies de Fernande Decruck

On le sait : nul n’est prophète en son pays. Qui connaît en France Fernande Decruck (1896-1954) compositrice, organiste et pédagogue française (elle eut Messiaen pour élève) qui se caractérise par un trait  original : elle a en effet composé plus de quarante œuvres pour saxophone, cet instrument à vent inventé au début du XIXesiècle  que les compositeurs « classiques » adoptèrent bientôt tout comme les musiciens de jazz. Fondé en 2004 à Nantes, le Quatuor Ellipsos propose ici un remarquable panorama de pages composées par Fernande Decruck de retour des États Unis où elle est bien connue, entre 1933 et 1944. Encadrant les savoureuses Saxophonescas (1943) ou les délicates « Berceuses » de 1935, ou encore les Variations saxophoniques de 1939 toutes de contrastes, ou enfin la « Saxofonia di camera », clin d’œil à la musique baroque, on appréciera la « Pavane » initiale et la brillante « Saxophonie » de 1934. Une compositrice qui a toute sa place aux côtés de Germaine Tailleferre ou de Nadia Boulanger. Une nouvelle découverte !

Saxophonie, Works by Fernande Decruck, Quatuor Ellipsos, 1 CD NoMadeMusic NMM088

Sculpter le son

« La Vaghezza » (le charme, le désir, le plaisir, en italien), est un quintette (deux violons, un théorbe, un violoncelle et un clavecin ou un orgue) qui s’attache à restituer les musiques des XVIIeet XVIIIesiècles, ici d’Italie du Nord et de musiciens principalement du début de l’époque baroque, lorsque la musique instrumentale se fait autonome. Jusque là en effet les instruments de musique servait d’abord à porter les voix, les accompagnant peu ou prou ; Désormais des musiciens composent des œuvres purement instrumentales et le quintette « La Vaghezza » parvient avec bonheur mettre en valeur les sonorités nouvelles qui se font jour alors. Les compositeurs ici représentés ont nom Monteverdi, Gabrieli, Cavalli, Fontana, Rossi, Merulla, Turini, Falconieri…qui ne sont pas des inconnus. Musiques de ballets pour achever les opéras, « Sinfonie » qu’on jouait en intermèdes, « Sonate », c’est là toute la première époque baroque qui apparaît admirablement interprétée par cet ensemble dont les sonorités exaltent à ravir des musiques qu’on prend plaisir à écouter. Le son est ici joliment sculpté…

Sculpting the Fabric, La Vaghezza, 1 CD Ambronay AMY313

Reynaldo Hahn, ce bel inconnu

En 1933 ce sont encore, en France, les « Années folles » et voici que Sacha Guitry offre à Reynaldo Hahn un second livret après celui de son « Mozart » (Yvonne Printemps) qui vient de triompher. Nouveau triomphe pour cette comédie musicale en trois actes où s’illustra  Arletty dans le rôle de la bonne Félicie, ici incarnée par la pétulante Éléonore Pancrazi. On conte là les aventures amoureuses du chapelier Prosper Aubertin que campe parfaitement Thomas Dolié ; face à lui Véronique Gens en Antoinette, son épouse, dans un rôle nouveau pour elle, où elle excelle. Et aussi, entre autres, Olivia Doray en Marie-Anne, leur fille, ou Yoann Dubruque en son soupirant, Claude. L’Orchestre National d’Avignon-Provence brille de tous ses feux sous la baguette alerte et experte de Samuel Jean dans un répertoire qui lui est familier et qu’il maîtrise à ravir.

Reynaldo Hahn, « Ô mon bel inconnu »,Soli, orchestre National Avignon-Provence, S. Jean, dir., 1 CD Palazzetto Bru Zane « Opéra Français » vol. 27

 Parle, chante, respire !

Barbara Strozzi (1619-1677) fut des rares compositrices italiennes (aux côtés de Francesca Caccini et Antonia Bembo) au cours de la première époque baroque. Fille « élective » (sic) du poète et dramaturge Giulio Strozzi, elle fut l’élève de Francesco Cavalli pour la composition ; reconnue et adulée comme compositrice et cantatrice virtuose elle mit en musique, entre autres, des poèmes de son père.  La cantatrice soprano Lise Viricel a eu l’heureuse idée de croiser des pages empruntées à l’œuvre de Strozzi qu’elle interprète délicatement et avec ferveur et émotion ici (même si la diction laisse parfois à désirer, c’est là un problème propre aux soprani), avec de courtes pages du poète napolitain Erri de Luca que distille avec discrétion Peter de Laurentis, sous un titre judicieux puisé dans le poèmes « Silentio nocivo » de Strozzi « Parla, canta, respira » (Elle parle, chante, respire). Les dix musiciens de l’ensemble Le Stelle (Les Étoiles), créé à cette occasion en 2020 par Lise Viricel, constitue un superbe écrin pour ces madrigaux qui s’inscrivent dans cette nouvelle manière monteverdienne, « Prima le parole, doppo la musica » (Les paroles d’abord, puis la musique…).

Parla, canta, respira, Madrigaux de Barbara Strozzi/ Poèmes d’Erri De Luca, L. Viricel, soprano, P. Laurentis, récitant, Ensemble Le Stelle, 1 CD Seulétoile SE 02.

En pièces

François-Frédéric Guy est ce formidable interprète de Beethoven qui conféra ses lettres de noblesse au piano. Marc Monnet est un compositeur français contemporain spécialiste de musique électroacoustique qui ne dédaigne pas d’écrire pour le piano ; il a ainsi composé deux livres réunissant sous un titre ambigu, « En pièces », des pages virtuoses d’une extrême complexité ; le premier d’entre eux étant dédié précisément à  François-Frédéric Guy, le second constitué de pièces dédiés à divers autres pianistes et en prime une « Lettre pour Albertine » que Monnet offrit à sa fille de sept ans pour son anniversaire et qu’elle créa elle-même en 2019. Le dédicataire du premier Livre  ressent comme une triple paternité à ses douze pièces, celle de Debussy, de Prokofiev et de Boulez alors que dans le second c’est plutôt celle des romantiques allemands, Schumann et Liszt. Sous ses doigts le Steinway qu’il joue résonne somptueusement, tantôt en force ou avec des pianissimi de rêve. Au total vingt-et-une pages souvent énigmatiques mais attachantes et qu’on ne se lasse pas d’entendre. C’est très beau.      

Marie sacrée et profane

En se plaçant sous l’égide du Caravage, l’Ensemble Il Caravaggio tend à interpréter une musique  tout à la fois théâtrale et touchante à l’instar de la peinture de l’artiste italien. Il se place sous le patronage de « Notre Dame de la Grâce » (titre de ce CD) en chantant et jouant des musiques du XVIIesiècle italien , la première époque baroque ; sept madrigaux de compositeurs réputés (Sances,  Brunelli, Rigatti, Falconieri, Cavalli, Merula et, seule femme du programme, Isabella Leonarda), mêlés à des canzone anonymes puisés dans les répertoires romain, napolitain ou lombard ou des Abruzzes. Évocations sacrées ou profanes de la Vierge Marie ou de jeunes femmes aimées ou amoureuses Trois chanteurs (la mezzo Anna Reinhold, le baryton basse Guilhem Worms qui se taille ici la part du lion, le baryton Robin Summa  éblouissant dans « Cicerenella mia » venue tout droit de la Naples populaire) distillent à ravir ces œuvres contrastées, tantôt émouvantes ou langoureuses, tantôt enlevées et ébouriffantes magnifiquement encadrés par les six musiciens de l’ensemble que dirige avec maestria Camille Delaforge.

Madonna  della Grazia, A. Reinhold, soprano, Guilhem Worms, baryton-basse, R. Summa baryton, Ensemble Il Caravaggio, C. Delaforge, dir., 1 CD Klarthe K120.

Dardanus

Rameau a composé sept tragédies lyriques. « Dardanus est la troisième qui vit le jour en 1739 et fut remaniée en 1744. C’est cette version qu’on trouve ici interprétée par les musiciens qu’on avait salués dans cette autre tragédie lyrique de Pignolet de Monteclair, « Jephté »,  dans sa version de 1737, contemporaine donc de « Dardanus ». Rappelons que Rameau renouvela le style musical de ce genre musical créé par Lully au siècle précédent ce dont témoigne cet enregistrement aussi passionnant à écouter que le fut « Jephté ». Le livret est de Leclerc de La Bruère, poète aujourd’hui oublié, qui s’inspira de « L’Énéide »  de Virgile pour conter les amours de Dardanus (Cyrille Dubois) et d’Iphise (Judith van Wanroij), fille de Teucer (Thomas Dolié), roi des Phrygiens que combat Dardanus ; Vénus (Chantal Santon Jeffery) couronnera ces amours interdites. Brillante peinture des sentiments que traduisent avec passion les solistes en parfaite adéquation avec le propos de Rameau, soutenus par le Purcell Choir et l’Orfeo Orchestra que dirige de main de maître György Vashegyi. Somptueux.

Jean-Philippe Rameau, Dardanus, Solistes, Purcell Choir, Orfeo Orchestra, G. Vashegyi, 3 CD Glossa GCD 924010.

Métamorphoses

Fascinée par le tableau de Jackson Pollock intitulé « Number 1 » (1949), Camille Pépin a composé une page pour piano à laquelle elle a donné ce titre et que l’on trouve sertie dans ce beau CD au cœur des « Metamorphosis » minimalistes de Philipp Glass (1988) et des « Miroirs » impressionnistes de Maurice Ravel (1904-06). Ces œuvres empreintes d’une grande et profonde sérénité sont merveilleusement interprétées par une pianiste, Célia Oneto Bensaid, qui connaît bien Camille Pépin : on l’avait croisée dans le CD « Chamber Music », consacré à la jeune compositrice française, où elle jouait dans « Indra » et « Luna ». Elle est du reste la dédicataire de plusieurs œuvres de Camille Pépin. Son piano est tout à la fois puissant et intimiste, avec des pianissimi d’une grande subtilité, dans des pages qui se répondent l’une l’autre par delà le temps ; il s’épanouit aussi bien chez Glass que chez Ravel, atteignant des sommets dans « Number 1 » de Pépin. Rassérénant.

Glass, Ravel, Pépin, Metamorphosis, C. Oneto Bensaid, piano, 1 CD NoMadMusic NMM 092

Voyage au cœur d’Al-Andalus

Quelle empreinte (Al-basma en arabe) nous a laissé la musique arabo-andalouse qui avait vu le jour et s’est développée tout au long du Moyen-Âge dans la péninsule ibérique au sens le plus large du terme ? C’est ce que révèle ce CD  que lui consacre  le Canticum Novum d’Emmanuel Bardon qui paie de sa voix tout en le dirigeant. Musiques croisées d’inspiration arabo-musulmane  et occidentalo-chrétienne, religieuse et profane, un florilège de dix-neuf mélodies, des « mouwachahs » arabo-andalous aux Cantigas du roi de Castille Alphonse X dit ‘Le Sage » (XIIIesiècle) au Cantigas de Amigo ou à celui du Codex de Montpellier prolongement de la Catalogne médiévale. Les douze musiciens de l’ensemble (vièles, harpe, flûtes et percussions,  nyckelharpa et fidula, oud et kanun) entourent chaleureusement les cantatrices Barbara Kusa et Lise Viricel, les chanteurs Emmanuel Bardon et Bayan Rida. Ils distillent avec beaucoup de finesse des poèmes amoureux ou des chants à la gloire de la Vierge Marie. Tout un monde étroitement métissé où musulmans, juifs et chrétiens cohabitaient pacifiquement… À redécouvrir.

Al-Basma, Voyage au cœur d’Al-Andalus, Canticum Novum, E. Bardon, dir., 1 CD Ambronay AMY057

En attendant Johann-Sebastian Bach

Pédagogue appréciée, spécialiste des instruments historiques et de leur interprétation en ce qui concerne le violon, Odile Edouard propose avec ce CD un voyage initiatique à travers l’Europe centrale, de l’Italie aux pays germaniques ; il s’agit là du répertoire violinistique des XVIIeet XVIIIe  siècles joué sur deux instruments différents touchés à l’aide de cinq archets variés ce qui permet de suivre l’évolution technique et stylistique de cet instrument-roi au travers d’œuvres écrites pour violon seul. Sept compositeurs sont ainsi convoqués,  de Thomas Baltzar à Telemann, de Franz von Biber à Paul von Westhoff et Joseph Vilsmayr, de  Goerg Pisendel à son contemporain prestigieux Johan Sebastian Bach. On goûte la diversité étonnante de ces pages, la maîtrise assumée des instruments jusqu’aux doubles cordes étincelantes qu’Odile Edouard restitue avec un rare bonheur, en des nuances infinies. Le violon dans toute sa gloire.

En attendant J. Sebastian Bach, Quatre cordes en vibration, O. Edouard, violon, 1 Livre-CD La Collection de l’Oreille, Les Éditions de la Matrice.

Incandescence 

Fins connaisseurs de la musique française contemporaine, la violoniste Stéphanie Moraly et le pianiste Romain David n’en explorent pas moins d’autres musiques comme en témoigne leur récent CD fort justement intitulé « Incandescence » ce qui qualifie pertinemment les œuvres pour violon et piano qu’ils y ont inscrites Si la dernière et fiévreuse Sonate de Brahms (1888) est bien connue, celles de Respighi (1917) et de Dohnányi (1912) tout comme la « Romance » de Szymanowski (1910) le sont beaucoup moins et pour tout dire ignorées des mélomanes français. À tort car cet enregistrement révèle des pages d’une grande immédiateté, vibrant d’une forte et chaude émotivité. Les quatre compositeurs étaient d’éminents pianistes, d’où la complexité de la partie réservée au piano exigeant une grande maîtrise que possède à l’envi Romain David. Il soutient en outre puissamment le jeu virtuose de Stéphanie Moraly dans ces œuvres d’un romantisme finissant tout de nostalgie, écrites à l’aube du XXesiècle. À l’exception de Respighi, les trois autres compositeurs étaient au piano lors de la création de leurs œuvres. À découvrir de toute urgence !

Incandescence, Brahms, Dohnanyi, Respighi, Szymanowsky,S. Moraly, violon, R. David, piano, 1 CD Aparté AP250